Loi Hadopi: Les internautes téléchargeraient-ils moins?

April 24 2009 4 Commented

La loi Hadopi, c’est le petit cadeau de Sarkozy à son ami Olivennes, le patron de la Fnac. En gros, si vous téléchargez trop, votre fournisseur d’accès vous coupe la connexion. Pas besoin de juge.

Même si l’on sait que la loi est loin d’être adoptée, et encore plus loin d’être appliquée, il semble que le nombre de téléchargements P2P diminue. La croissance des recherches Google pour le mot-clé torrent a diminué fortement en France au cours des 3 derniers mois, alors que l’intensité du débat autour d’Hadopi augmentait.hadopi

On voit sur le graph que les internautes ont recherché en février 2009 28% de fichiers .torrent en plus qu’en février 2008. En avril, le chiffre a chuté à 11%.

Ces chiffres sont d’autant plus significatifs que la demande de fichiers .torrent se maintient au niveau mondial. Toujours d’après Google Insights, la croissance par rapport à l’année 2008 s’est maintenue autour de +20% entre février et avril, après avoir atteint un sommet de +27% en janvier.

Dans le même temps, les recherches françaises pour des services de vidéo à la demande comme TF1 vision augmentent fortement.

Le tapage médiatique serait-il si efficace? C’est probable, même si tout repose sur la menace de l’entrée en application de la fameuse loi. Si cette menace cesse d’être crédible, il y a fort à parier que la croissance des téléchargements P2P reprendra de plus belle.

4 Responses to “Loi Hadopi: Les internautes téléchargeraient-ils moins?”

  1. Heureusement, les gens ne sont pas fous. Bien sûr que l’activité P2P va ralentir avec l’entrée en vigueur d’Hadopi. Bien sûr que les gens prennent gardent… Ca a toujours été le cas. La poursuite de Nasptser a fait baisser son activité. Celle de Kazaa également. Et puis ?… Et puis les gens se sont reportés sur d’autres outils, d’autres technologies (les torrents ont remplacé les mules…).

    L’accalmie sera donc de courte durée. La promesse est déjà là. Elle s’appelle le P2P crypté. L’un des projet phare a même un nom : IPredator. Et si ce n’est pas celui-ci, s’en sera un autre.

    Mais le tapage médiatique n’a jamais résolu un problème.

  2. Nicolas says:

    Hubert,

    Tout à fait d’accord avec vous, d’autres technologies viendront remplacer celles menacées aujourd’hui. La grande différence avec le passage de Napster à Kazaa, c’est que des solutions existent aujourd’hui en dehors du p2p, que ce soit iTunes ou du streaming à la last.fm ou deezer.

    Pas sûr que le p2p survive comme canal de distribution de contenu de masse, vu son coût (risque légal + compétences techniques) relatif aux autres solutions.

  3. J’ai bien peur que ce soit le contraire Nicolas. Le coût de la distribution en streaming est trop élevé pour être tenable (regardez les difficultés de YouTube). La technologie P2P qui déporte les coûts sur les utilisateurs, est à terme, la seule technologie qui permette de servir des contenus de masse. C’est peut-être le P2P gratuit qui va risque d’avoir des difficultés (et encore, les solutions de licence légale ne sont pas mortes, puisque même les majors l’envisagent…). Pour ma part, j’ai tendance à croire qu’on y viendra, d’ailleurs les gens y sont massivement, et ce n’est pas le recul de quelques froggies qui vont tuer ce qui est depuis longtemps devenu le PREMIER Canal de distribution du Net.

  4. Nicolas says:

    On pourrait se battre à coup d’exemples :) Hulu et s’en sort pas trop mal, catégorie streaming. Tout comme Last.fm, Deezer ou Pandora, qui ont tous introduit des offres freemium qui pourraient les faire survivre.

    Mais je parlais en fait du cout pour l’utilisateur. Le risque (perçu) de se faire attraper par les cybergendarmes et de payer des milliers euros en refroidira plus d’un. D’un point de vue technique, vous avez raison que le p2p ne peut que se développer. Mais je pense que ça se fera à l’insu du consommateur final, avec des services comme Skype, le BBC iPlayer ou Joost (la version avec un programme coté client).

    Donc on est d’accord, c’est le p2p gratuit qui sera atteint, pas la technologie.